La "féminité" comme stratégie business

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Et si notre plus grand pouvoir était ce qu’on nous a appris à cacher ?

Longtemps perçue comme un frein ou une faiblesse, la féminité devient aujourd’hui une stratégie business à part entière. Non pas en mimant les modèles dominants, mais en affirmant une autre manière de faire, de ressentir, de négocier, de diriger. Voici ce que des femmes de la communauté StrongHer et leur entourage ont partagé, en assumant pleinement leur force. À travers leurs témoignages, une chose apparaît clairement : la féminité, loin d’être accessoire, structure des décisions, des relations, de la croissance et des modèles de leadership particulièrement efficaces.

Enchantée ! Je m’appelle Ieva Gaigala, et depuis la moitié de ma vie, c’est à dire 15 ans, j’accompagne des entreprises à bâtir des communautés solides dans le but de générer des opportunités business (de la vente, du réseau, du feedback produit…).

Créer une communauté est l’un des leviers les plus puissants pour développer son activité. Il fait écho à un de nos besoins primaires en tant qu’humains : celui de tisser du lien avec les autres et de ressentir un véritable sentiment d’appartenance pour être connecté aux autres, soutenu et compris.

En tant que femme entrepreneure, j’ai pu rejoindre plusieurs cercles féminins, dont :

  • La communauté StrongHer de Qonto,

  • Ma salle de sport réservée exclusivement aux femmes,

  • Le groupe WhatsApp des Lionnes,

  • Les brunchs du dimanche chez mon amie Lara Khanafer,

  • Les dîners entre “girl bosses” en tenues extravagantes, organisés par mon amie Lucie Coste…

Et à chaque fois que je m’assois à une table entourée de femmes ambitieuses, quelque chose de fort que je ne peux pas définir se passe : une énergie de création, d’alignement, de succès.

Il y a quelque temps, j’ai rédigé un article sur 5 femmes qui ont révolutionné nos produits du quotidien (et parfois même des industries) grâce à leur “feminine touch”. En retour, j’ai reçu des témoignages incroyables. Des histoires vraies, racontées par des femmes qui, en assumant leur manière unique d’être et d’agir, redessinent les contours du business.

Alors j’ai voulu vous les partager pour qu’on s’inspire toutes ensemble, grâce aux témoignages de ces leadeuses inspirantes que je remercie grandement :

Voici 4 facettes de la force féminine comme stratégie business :

1. L’intuition comme boussole stratégique

On a longtemps appris aux femmes à se méfier de ce qu’elles ressentent, à privilégier l’analyse, les cadres rationnels, les décisions dites objectives... comme si une bonne décision devait forcément être déconnectée du corps et de l’émotion.

Pourtant, les témoignages racontent tout autre chose. L’intuition apparaît ici comme une forme d’intelligence stratégique : « Quand une décision est la bonne, je ne fais pas que la penser, je la ressens. C’est une certitude intérieure qui m’apporte clarté et confiance. Elle me permet de garder le cap et d’inspirer naturellement les autres » Elyse. Cette certitude n’a rien de flou. Elle est le fruit d’une expérience accumulée, d’une capacité à synthétiser rapidement des signaux complexes que l’analyse seule ne capte pas toujours.

La maternité comme école de priorisation

Cette intuition se forge souvent dans des espaces que le monde professionnel a longtemps laissés en dehors du champ de la performance. La maternité en est un exemple frappant.

« La maternité m’a obligée à gérer ma charge mentale de la manière la plus efficace possible. À mieux prioriser dans tous les domaines de ma vie et à choisir mes combats » Sonia.

Ce qui s’apprend dans l’intime devient un avantage décisif dans le business.

Elyse fait le même constat à travers son expérience managériale : « La maternité est un véritable terrain d’entraînement. Poser des limites claires, prioriser sous pression, dire non plusieurs fois par jour, rester ancrée parmi la multiplicité des demandes : toutes ces compétences se retrouvent ensuite dans la gestion d’équipes, avec clarté et conviction. »

Le cycle menstruel comme allié stratégique

Le corps, lui aussi, devient un outil de pilotage quand on apprend à l’écouter. « Le cycle menstruel est un levier puissant d’alignement et de ressourcement quand on apprend à le comprendre. C’est un véritable avantage dans un monde qui va trop vite. » Claudia. Plutôt que de lutter contre ses rythmes, les intégrer permet de mieux gérer son énergie, ses temps de décision et ses moments de recul. Claudia va même plus loin : « Amener plus d’énergie féminine dans le monde du travail est en soi une innovation. Cela crée une harmonie entre différentes formes de puissance ».

Quand l’écoute sauve du temps, et parfois des vies

Dans certains contextes, cette capacité d’écoute devient essentielle.

Étudiante en médecine et maman, Camillia développe une vigilance particulière face aux douleurs féminines souvent minimisées : « Je prends en charge les femmes de manière plus appuyée parce que je sais que, bien souvent, leurs douleurs sont minimisées, voire invisibilisées ».

Aux urgences, elle fait la connaissance d’une jeune mère pliée de douleur, déjà renvoyée une première fois sans diagnostic malgré une souffrance décrite comme pire qu’un accouchement. La prise de sang ne révèle aucun signe alarmant, là où, dans la majorité des cas similaires, des marqueurs apparaissent rapidement. Sur le papier, tout semble rassurant. Mais pour Camillia, quelque chose ne colle pas. Son écoute, son attention aux mots, aux silences, au corps de cette femme, l’empêchent de s’arrêter là. Son intuition clinique lui dit que l’histoire ne s’arrête pas aux résultats. Elle insiste pour un scanner, qui confirmera une appendicite débutante, qui aurait été détectée par la prise de sang dans 99% des cas. Mais celui-ci était le 1% d’exception et cette décision a pu éviter une errance médicale et une souffrance prolongée pour la patiente.

Cette “performance” n’est pas un hasard. C’est le résultat d’une écoute attentive, du courage de faire confiance à ce que l’on ressent lorsque les protocoles ne suffisent pas.

2. Méfiez-vous des apparences, l’attitude est un levier de pouvoir

Une fois que l’on s’autorise à écouter ce qui se joue à l’intérieur, quelque chose change à l’extérieur. La posture évolue. La manière d’entrer en relation aussi.

Contrairement aux idées reçues, le pouvoir ne se manifeste pas toujours par la domination, la prise de place ou la démonstration de force. Chez beaucoup de femmes, il s’exprime de façon plus subtile, souvent sous estimée, mais redoutablement efficace.

Attirer plutôt que convaincre

Alexandrina le résume en une phrase très simple : « La coquette, elle ne court pas après, elle attire ». Dans sa manière de faire du business, elle ne cherche pas à convaincre à tout prix. Elle pose un cadre clair : « Je fais en sorte qu’ils sachent que je suis complète, que j’ai très peu de places et que je ne travaille qu’avec des projets qui me parlent vraiment ».

Ce renversement est clé. Le prospect comprend qu’il ne s’agit pas d’être séduit, mais d’être à la hauteur. Le rapport de force s’inverse sans jamais être frontal. Le désir naît de la rareté et de la clarté, pas de l’insistance.

La douceur assumée

Dans les interactions professionnelles, certaines postures désarment immédiatement. Alexandrina explique aussi que cette perception est souvent un avantage : « Quand tu es bien habillée, souriante, apprêtée, on te perçoit comme gentille, mignonne, inoffensive. On ne se méfie pas ». Les échanges deviennent plus naturels, moins défensifs. Personne n’a envie de parler avec quelqu’un qui semble vouloir vendre à tout prix.

Lucie partage un cheminement très similaire : « Je confondais douceur et faiblesse. J’avais voulu le cacher et jouer un rôle plus dur, plus dominant ».

En assumant pleinement cette douceur, sans la travestir, quelque chose s’est débloqué : « Depuis que j’affirme ce côté doux, mon business est florissant ». Driver un business avec douceur ne signifie pas renoncer à l’exigence. Cela signifie préférer la justesse à la domination.

Lysiane incarne aussi une forme de pouvoir souvent mal comprise : celle qui ne cherche ni à gagner, ni à écraser, mais à ouvrir. Sa force ne réside pas dans le rapport de force, mais dans la capacité à créer un espace où l’autre peut baisser la garde. En renonçant à la logique de domination, elle gagne en clarté, en crédibilité et en efficacité : « On a simplement baissé les armes et parlé avec notre cœur, sans chercher à convaincre. Et tout s’est ouvert ». Elle observe que sa manière calme et sincère d’aborder l’autre ouvre souvent des portes là où une posture plus agressive aurait créé des blocages.

L’écoute comme pouvoir invisible

Cette posture s’accompagne presque toujours d’une autre compétence clé, souvent sous estimée : L’écoute.

Alexandrina raconte avoir réalisé que ne pas s’imposer était en soi une forme de pouvoir. Parler peu, observer, laisser l’autre se livrer. Pendant que l’autre parle, elle écoute. Elle enregistre. Et très souvent, au fil de la conversation, le véritable problème business émerge. À ce moment là, sa parole est attendue. Et parce qu’elle est rare, elle est d’autant plus écoutée.

Loraine met des mots sur ce mécanisme : « L’écoute permet de capter un malaise avant qu’il ne devienne un conflit, de comprendre les dynamiques invisibles dans une équipe et surtout d’avoir le courage d’aborder ces sujets délicats. C’est ce qui permet d’aller plus vite et plus juste. Plus qu’une qualité perçue comme douce, c’est une véritable force stratégique ». Cette manière d’être transforme profondément la relation. Et lorsque la relation change, la valeur créée change elle aussi.

Dans le livre "Les lois du Pouvoir", Robert Greene explique notamment que parler moins que nécessaire renforce l’impact de la parole, que l’attraction est plus puissante que la poursuite, et que laisser l’autre s’exprimer révèle bien plus d’informations que chercher à convaincre.

Ces femmes n’appliquent pas ces règles de manière froide ou calculée. Elles les incarnent avec justesse. Là où certains utilisent le pouvoir pour dominer, elles l’utilisent pour créer une relation équilibrée, où l’autre se sent entendu, respecté et engagé.

3. Le “care” comme avantage concurrentiel

Quand l’intuition guide les décisions et que la posture transforme la relation, il se passe quelque chose de décisif. Le business cesse d’être uniquement transactionnel. Il devient relationnel. Et c’est là qu’entre en jeu une dimension encore trop souvent sous estimée : le “care”.

L’intelligence émotionnelle comme socle

Pour Loraine, le véritable “unfair advantage” féminin réside dans l’intelligence émotionnelle. Selon elle, ce n’est pas une question de nature, mais de socialisation. Les hommes n’en sont pas dépourvus, mais notre société a davantage encouragé les petites filles à développer l’écoute, l’ajustement, l’attention à l’autre, tandis que les garçons étaient plus souvent valorisés sur la performance et la maîtrise.

Dans un contexte professionnel, cette intelligence émotionnelle devient un outil puissant. Elle permet de comprendre ce qui se joue au delà de ce qui est dit, d’anticiper les tensions, de créer des espaces où chacun peut s’exprimer sans se défendre.

Faire vivre une expérience, pas seulement délivrer un service

Plusieurs témoignages convergent sur un point essentiel. Les clients ne viennent pas seulement chercher une expertise ou une prestation. Ils s’attachent à une expérience qui les fait se sentir bien.

Lucie ma expliqué qu’elle a mis le care au centre de la conception de l’expérience Maison Astra : « Les clients viennent aussi chercher du réconfort à travers l’expérience que l’on leur fait vivre. » Ce réconfort passe par des attentions qui peuvent sembler minimes, mais qui changent profondément la perception de la relation : offrir des fleurs, soigner l’accueil, créer des attentions inattendues. Cela peut sembler anodin, mais dans un monde saturé de sollicitations, ces détails font toute la différence.

Anaïs ajoute une dimension cruciale : le care va de pair avec l’exigence : « La qualité passe par le fait d’être très pointilleuse et méticuleuse, parce que je suis soucieuse de faire plaisir pour que cela corresponde pleinement à la demande, de façon globale mais aussi dans le moindre détail ». Ce degré d’attention transforme une simple interaction en expérience mémorable. Il déclenche ce petit supplément d’émotion qui marque, qui engage, qui fidélise.

Créer de l’engagement durable dans un monde saturé

Je discutais avec les speakers que j'invite à intervenir dans mon programme à HEC Paris, de la place que le “care” peut prendre, en prenant l’exemple de l’accueil toujours chaleureux que nous réserve l'équipe lorsque nous y intervenons. Sur le moment, je n’en avais pas pleinement conscience, mais en devenant directrice académique, je n’ai pas arrêté d’être agréablement surprise à quel point la relation qui se créé avec l’école est spéciale. Que ce soit les directeurs, les intervenants ou les étudiants, chacun est accueilli avec considération, aussi bien par email qu’en présentiel sur le campus. On se sent reconnu, valorisé, véritablement chouchouté.

Et cela change tout. Ce niveau d’attention crée un sentiment d’appartenance réel. Il donne envie de s’impliquer davantage, de contribuer au-delà du cadre, et renforce la qualité de l’expérience pour tous. Le care est donc indéniablement un cercle vertueux. Plus il est sincère, plus il suscite de l’engagement. Plus la relation est soignée, plus elle crée de la valeur humaine, durable, et profondément différenciante.

4. Créer un univers. Quand l’authenticité devient différenciante

Être prise au sérieux est souvent synonyme de se fondre dans le moule. Ne pas trop déranger. Être polie, neutre, lisse. Vous aussi vous avez entendu ça ?

Mais plus je discute avec des femmes qui ont su faire fleurir leur business, plus je suis convaincue qu’il faut faire tout l’inverse.

Oser incarner une identité singulière

Aurore, La Fille de l’Etoile est l’exemple parfait de cette bascule. Après un passage en réanimation et une grossesse vécue dans un contexte d’isolement, elle commence à s’exprimer sur les réseaux presque malgré elle. Elle y partage ce qui fait partie de son quotidien, le naturel, la lithothérapie, et surtout cette capacité à ressentir et percevoir les choses, qu’elle a longtemps vécue comme un poids : « J’ai toujours eu cette faculté de voir, de sentir les choses depuis toute petite, mais je pensais que c’était une malédiction. »

À l’époque, le milieu est très stéréotypé. Les codes visuels sont sombres, caricaturaux. Elle, passionnée d’histoire et d’art des dix septième au dix neuvième siècles, prend une autre direction. Elle fait des lives, propose des tirages écrits, sans encore oser pleinement assumer cette identité en public : « On me disait “Pourquoi tu ne pousses pas, pourquoi tu ne fais pas par téléphone ?” Et moi je répondais “J’ai peur, en fait, de dire que mon métier c’est voyante.” »

En avril 2020, tout bascule. Elle efface finalement toutes ses photos et repart de zéro. Elle assume enfin sa véritable direction artistique : un univers inspiré de Marie Antoinette, de Paris fin XVIIIème, début XIXème siècle, de cabinets de curiosité et de jeux de cartes anciens. Personne ne le fait. On se moque. Mais son univers est immédiatement reconnaissable. En moins d’un an, elle passe de 3 000 à 50 000 abonnés. Beaucoup tentent d’imiter la forme. Mais ce qui fait la différence, c’est le fond. Elle ne suit pas une tendance, elle incarne une identité. Cette bascule lui permet non seulement de vivre de son activité, mais surtout d’être identifiée pour ce qu’elle est réellement. Son succès a naturellement attiré des tentatives d’imitation.

Beaucoup ont cru que son univers était une formule à reproduire, un ensemble de codes visuels à copier pour obtenir les mêmes résultats. Ce qu’elles n’avaient pas compris, c’est que ce qui faisait la différence n’était pas la forme, mais l’alignement. Et c’est précisément cette cohérence, tenue dans le temps, qui a transformé son audience en véritable communauté : « Ma communauté est tellement à l’affût suite à ce que j’ai vécu que, maintenant, quand quelqu’un copie mon univers, ce sont elles qui tombent dessus. Elles leur disent directement : franchement, tu n’as pas d’imagination, tu n’as pas de direction artistique. Pourquoi tu copies la fille de l’étoile ? »

Oser créer un univers qui ne cherche pas à plaire à tout le monde

Lucie est passée par une transition similaire. Elle a démarré par faire des photographies simples de personnes et avoir une activité comparable à celle des autres « J’avais voulu cacher une partie de moi et jouer le même rôle que tout le monde, c'est à dire être un peu solide, un peu un peu dominante, même si je n'y arrivais pas du tout ».

Puis un jour, elle a fait un portait floral sur commande pour sa soeur floriste, pour mettre en avant ses compositions de fleurs, et c’est là où tout a changé : « J’ai toujours aimé créer mon monde, depuis petite j’écris des histoires, et donc j’ai toujours créé des décors et fait de la scénographie. On a vu en faisant ça que ça plaisait énormément, de donner aux gens la possibilité d’accéder à un monde qui n’est pas celui de la société actuelle. Ça leur donne beaucoup de liberté ».

Aujourd’hui, elle a créé Maison Astra, un studio photo immersif féérique. Ce qu’illustre son parcours, ce n’est pas un virage créatif isolé, mais un choix clair : faire de l’univers, de l’émotion et de la scénographie un pilier central de son positionnement business. Elle est partie d’un appartement haussmannien aux murs blancs classiques, puis elle a mis des mois à créer son “mini Versailles” sur-mesure : un univers qui se vit autant qu’il se regarde.

L’émotion, levier de confiance

L’authenticité ne se joue pas seulement dans l’image ou la communication. Elle se traduit aussi dans la manière d’être, de gérer, de mener ses combats.

Elyse partage une expérience marquante : lors d'une réunion, après avoir défendu un sujet qui lui tenait profondément à cœur, elle se sent traversée par un relâchement, et une larme monte. Elle choisit de l'accueillir, plutôt que de chercher à la retenir. Elle met des mots sur ce qu’elle ressent, sans s’en excuser. À sa surprise, cette sincérité crée du respect. Elle en conclut que : « Reconnaître une émotion, plutôt que la dissimuler, ne fragilise pas le leadership. Cela l'humanise et le renforce ».

À une époque où les discours sont standardisés, l’authenticité est contagieuse. Quand une femme ose être pleinement elle-même, elle donne la permission aux autres d’en faire autant.

CONCLUSION

La féminité, ici, n’est ni un style, ni une posture que l’on endosse pour correspondre à une attente extérieure. Elle ne se résume pas à une esthétique ou à une manière plus douce de communiquer. Elle est une façon de penser le business, de prendre des décisions, de négocier, de créer de la valeur et de construire des relations qui tiennent dans le temps.

Décider avec sa féminité, c’est accepter que toutes les réponses ne viennent pas uniquement des chiffres ou des raisonnements linéaires. C’est reconnaître l’intuition comme une intelligence stratégique à part entière, capable de capter des signaux faibles, de relier des expériences et d’orienter des choix avec clarté. Non pas en opposition à l’analyse, mais en complément. Les décisions deviennent plus alignées, souvent plus rapides, et surtout plus justes.

Négocier avec sa féminité, ce n’est pas chercher à gagner contre l’autre, mais à construire un équilibre durable. L’écoute devient un levier de pouvoir. Le silence aussi. La capacité à comprendre ce qui se joue au delà des mots permet de poser des cadres fermes sans agressivité, et de créer des accords fondés sur la confiance plutôt que sur la contrainte.

Créer de la valeur avec sa féminité, c’est replacer l’expérience humaine au centre. Le care, l’attention sincère, la considération portée aux clients, aux équipes et aux partenaires ne sont pas des détails. Ce sont des leviers de différenciation majeurs dans un monde saturé d’offres similaires. Ce sont eux qui transforment une prestation en relation, un client en ambassadeur, une audience en communauté.

De mon côté, construire des communautés m’a appris une chose essentielle : La puissance naît toujours du lien, jamais de la domination.

Et c’est là que la féminité devient profondément stratégique : construire des relations durables avec sa féminité, c’est aussi reconnaître que l’on ne se construit jamais seule.

Comme le dit Olivia, « Il y a un manque de représentativité des femmes dans les sphères de pouvoir. Je crois au pouvoir des réseaux féminins et de la sororité comme leviers d’empowerment pour briser ces plafonds de verres et voir nos projets en grand ». On lui dit souvent qu’elle est courageuse de se lancer en solo dans l’entrepreneuriat. Elle ne sait pas si elle l’est vraiment, mais elle se sent portée et inspirée par toutes ces femmes fortes et bienveillantes qu’elle croise sur sa route ou qu’elle écoute dans des podcasts.

C’est là que la féminité devient profondément stratégique. Parce qu’elle repose sur la transmission, l’inspiration et les rôles modèles. Voir d’autres femmes assumer leur manière d’être, leur sensibilité, leur ambition, donne la permission d’oser à son tour. Et ce mouvement collectif crée une force bien plus puissante que la réussite individuelle.

Enfin, faire du business avec sa féminité, c’est oser l’authenticité. Ne pas jouer un rôle. Ne pas lisser ce qui dérange. Créer des univers singuliers, des projets incarnés, des relations vraies. Cette cohérence entre ce que l’on est, ce que l’on fait et ce que l’on montre crée la confiance. Or sans confiance, il n’y a pas de business pérenne.

La féminité comme stratégie business n’est donc ni une faiblesse, ni un supplément d’âme. C’est une évolution nécessaire. Une manière de faire du business plus humaine, plus alignée et, pour cette raison même, plus performante.

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12/01/2026

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