Portrait d'entrepreneure : Ieva Gaigala, Founding Partner

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Équipe Qonto

Expert Finpal

Community Expert @ Qonto

Pourriez-vous partager les grandes étapes de votre parcours ?

@Ieva Gaigala, j’ai 30 ans et j'ai passé la moitié de ma vie à construire des communautés. J’ai commencé très jeune, par instinct, en fédérant plus de 20 000 personnes autour d’un projet "passion" au lycée. J’ai monté ma première startup à 21 ans, puis une deuxième à 24 ans. À ce moment-là, je démarrais de zéro et je n’avais pas de réseau établi. J’ai donc fait du community building un levier stratégique pour créer des opportunités et avancer plus vite. Plutôt que d’attendre d’être invitée au sein des cercles qui comptent, je me suis placée au centre des réseaux de personnes que je voulais attirer à moi (clients, mentors, prescripteurs, partenaires), ce qui m’a permis de nouer des liens pour développer mes différentes activités.

Avec le temps, on a remarqué la manière dont je développais mon réseau pour servir mes projets et ont m'a approchée pour faire pareil dan d'autres structures. Le community building est passé d'une passion à une activité principale avec la création de Paradise Group (qui aide les marques à structurer des communautés solides et à concevoir des événements stratégiques pour activer, fédérer et développer leur réseau).

Qu'est-ce qui vous passionne dans votre métier ?

Je me suis intéressée au développement personnel très tôt, et j’ai réalisé à quel point l'entourage joue un rôle essentiel dans notre trajectoire. C’est en avançant avec les autres qu’on va plus loin et souvent plus durablement. J'aime décoder le fonctionnement des personnes que je rencontre : comprendre leurs parcours, leurs manières de penser, leurs ambitions et leurs zones de doute aussi. Apprendre au contact des personne est primordial car on progresse grâce à la force du collectif. Je m'enrichis quotidiennement grâce à la variété des communautés que j'accompagne (entrepreneur(e)s, business angels), où chacune a sa propre richesse, ses missions et ses codes.

Apprendre au contact des personnes est primordial car on progresse grâce à la force du collectif.

Une journée type, ça ressemble à quoi ?

Quand j’accompagne des marques ou des organisations, ma démarche est toujours guidée par un objectif clair : partir du besoin "business" pour penser la communauté comme un véritable levier de croissance, et non comme une simple animation périphérique. Concrètement, j’interviens sur plusieurs dimensions :

  • la définition de la vision et de leur positionnement souhaité

  • la création de rituels et la structuration des "workflows"

  • la conception de formats d’événements et la mise en place de mécaniques d’engagement

La communauté doit vivre, évoluer et s'ancrer durablement dans leur propre organisation, comme une brique structurante de son développement.

Mon quotidien alterne entre phases stratégiques (création de l'architecture des communautés, interviews de leurs membres) et phases opérationnelles (organisation d'événements, production de contenus).

Qu'est ce qui vous pousse à vous lever le matin ?

Je ne me lève pas pour travailler mais faire ce qui m'anime profondément. Je sais que ce n’est pas encore une réalité pour tout le monde... Mais parfois, il suffit d’un déclic : un moment d’inspiration qui fait sauter une croyance limitante. J'ai démarré jeune, sans réseau établi et en tant que femme. Beaucoup de défis où j'ai dû travailler sur ma posture. Il a fallu passer du profil de l'étudiante à celui d'une dirigeante capable de convaincre des comités de direction de me faire confiance.

J’ai été accompagnée par un coach qui m’a aidée à incarner ce changement : creuser différentes approches de développement personnel pour mieux me connaître et me développer. J’ai notamment exploré la PNL (programmation neuro-linguistique), fait des tests de personnalité et cherché des rôles modèles auxquels me projeter.

J’ai vite pris la parole quand on me la proposait, lors d’interviews ou de keynotes aux côtés de grands entrepreneurs comme Laurent Alexandre avant de me sentir entièrement prête. Avec le recul, ces choix ont été déterminants. Ils m’ont permis de construire ma légitimité sur le terrain, par l’action, bien plus que par la théorie.

"J'ai été accompagnée pour travailler sur ma posture (...) pour convaincre (...)."

Quels défis avez-vous rencontré et comment ont-ils impacté vos missions ?

Aujourd'hui, j'ai la chance de porter des projets variés et en nombre mais je ne pouvais plus les porter seule. Pour continuer à grandir sans diluer l’intention ni la qualité je me suis entourée.

L'humain m'a permis de formuler mes pensées. En formalisant mes approches avec d'autres personnes, j’ai pu intellectualiser certaines mécaniques communautaires que j'avais souvent du mal à expliquer. Cette curiosité sur le fonctionnement humain m'a d'ailleurs poussée à fonder une société dans le domaine de la neurologie pour mieux comprendre comment nos câblages cognitifs influencent nos façons d’apprendre, de décider et de collaborer.`

L’IA m’a permis de gagner en structure et en réactivité. Elle m’aide à documenter mes méthodes, à automatiser certaines tâches répétitives et à créer des cadres "duplicables sans perdre l’essence de ce que je fais. Utilisée avec intention, elle devient une alliée puissante : elle me libère du temps pour me concentrer sur ce qui a le plus de valeur - la stratégie, la créativité et la relation humaine. Elle peut aussi faire émerger des besoins latents chez les membres, à détecter des "patterns" comportementaux ou à simuler des scénarios d’évolution. C'est un levier d’augmentation au service de communautés plus humaines, plus pertinentes et plus durables.

"L'IA est un levier d’augmentation au service de communautés plus humaines."

Quels sont vos outils et méthodes du quotidien ?

Créer une communauté, c’est comme créer une nouvelle startup dans l’entreprise : j’accorde une importance particulière à la clarté. Un bon système permet non seulement de mieux travailler en interne, mais aussi de fluidifier les échanges, d’anticiper les besoins et de renforcer la cohérence dans le temps.

  • Notion est mon outil central : il structure toute ma vie, personnelle comme professionnelle. J’ai d’ailleurs pu accompagner cette incroyable marque sur le développement de sa communauté en France !

  • Airtable et ses automatisations me servent de colonne vertébrale pour les bases de données et les logiques relationnelles.

  • WhatsApp plutôt que l’email pour les échanges quotidiens, car la proximité est clé dans le community building.

  • Brevo pour les campagnes email, surtout dans une logique d’activation et de fidélisation.

Sur la question des outils spécifiquement conçus pour les communautés, je ne suis pas partisane de recréer des plateformes à part. Je préfère aller là où les gens sont déjà actifs et capitaliser sur leurs habitudes. L’adhésion est toujours plus forte quand on s’insère dans une logique déjà existante.

3 conseils à partager à celles qui se lancent ?

  1. Ne pas trop réfléchir, et passer à l’action. Attendre de se sentir totalement prête est souvent le meilleur moyen de ne jamais se lancer. Dire “oui” aux opportunités, même quand elles font un peu peur, permet de sortir de sa zone de confort et d’apprendre beaucoup plus vite.

  2. Développer son réseau de façon intentionnelle. Le réseau n’est pas une fin en soi, c’est un levier. S’entourer de personnes inspirantes, bienveillantes et exigeantes permet d’accélérer en opportunités et en confiance. J’ai d’ailleurs partagé 5 mini challenges concrets pour le faire, accessibles ici : https://community.qonto.com/fr/strong-her/articles/influence/les-5-micro-challenges-pour-developper-ton-reseau-professionnel

    Aussi que le replay de notre discussion avec Caroline Mignaux avec des conseils concrets pour développer son réseau : https://www.youtube.com/watch?v=-6kxincfYl4

  3. Rester fidèle à soi-même, et à sa féminité dans sa manière d’entreprendre. Il n’existe pas un modèle unique de réussite. Chercher à coller à des standards qui ne nous ressemblent pas mène souvent à l’épuisement. Assumer sa sensibilité, son intuition, sa manière singulière de faire les choses permet de construire des projets plus justes, plus durables, alignés avec qui l’on est. Voici d’ailleurs 5 exemples de femmes qui ont transformé des objets du quotidien et des industries grâce à leur “feminine touch” : https://community.qonto.com/fr/strong-her/articles/dev-pro/5-femmes-qui-ont-revolutionne-nos-produits-du-quotidien-grace-a-leur-feminine-touch

Quel message à faire passer à la communauté StrongHer ?

Montrer des parcours réels, imparfaits et non linéaires, aide énormément à lever les freins autour de l'entreprenariat. Voir d’autres femmes entreprendre, à différents stades, avec des histoires diverses, rend l’ambition légitime. Ça crée un effet miroir qui ouvre des possibles ! C’est précisément pour cela que des espaces comme StrongHer sont si importants.

Reid Hoffman, co-fondateur de LinkedIn, a dit : “If you’re not embarrassed by the first version of your product, you’ve launched too late” et je trouve cette phrase incroyablement libératrice. On n’a pas besoin d’être prête pour commencer. C’est l’action qui crée la légitimité, pas l’inverse. Être entourée de personnes qui traversent les mêmes étapes change tout car l’élan collectif est contagieux !

Merci de m'avoir lu et si certaines choses résonnent, réagissez en commentaire ou envoyez moi un un message !

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19/01/2026

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